Le Festival de Dougga est une longue histoire qui a commencé depuis l’ère romaine avec la construction de ce bel édifice qu’est cet amphithéâtre dont les gradins ont été taillés dans la pierre.

Au cours des années vingt du siècle passé, sous le protectorat français, le festival de Dougga a été recréé avec la tenue d’une pièce de théâtre classique chaque premier dimanche du mois de juin pour les ressortissants français et les personnalités de l’époque.

Dès 1956, date de l’indépendance, et jusqu’en 1975, le festival a continué à se tenir sous cette forme, de représentation unique, en partenariat entre le secrétariat d’état des affaires culturelles et l’Ambassade de France à Tunis. Des pièces de théâtre du répertoire classique étaient jouées sur cette scène mythique par plusieurs troupes françaises et tunisiennes dont la Comédie Française, la Troupe de l’Ouest de Paris (TOP), ou la Troupe de la Ville de Tunis avec son directeur feu Aly Ben Ayed.

En 1976, fut créé un comité fondateur présidé par l’éminent Professeur Mohamed Moncef Chennoufi (Premier Directeur de l’IPSI). Il comprenait de jeunes cadres locaux ou natifs de Téboursouk (Colonel Rachid Khfecha, directeur de l’OLM, Mahmoud Ben Alaya, Mahmoud Méjri, Faycel Limam…),  et un groupe d’étudiants volontaires, qui ont été, en même temps, la cheville ouvrière et la cellule conceptuelle du festival rénové, ayant consolidé sa vocation internationale et l’ayant propulsé au-devant de la scène culturelle nationale à l’instar de Carthage et Hammamet, avec une spécificité axée sur le théâtre classique mondial. Il s’agit, notamment, de Dr. Fethi Khamessi, Mondher Belghith, Othman Béji, Béchir Ben Lamine, Abdellatif Kacem, Abdelaziz Ben Sabbah, Brahim Tekfa , Mehdi Ben Cheikh Larbi….

Au fil des années des jeunes se sont succédé à la Direction du Festival International de Dougga. On cite, notamment, M.M. Moncef Bel Haj Salah, feu Faycel Limam, feu Badredine Zouari, Moncef Ben Hadid, Moncef Ben Arfa…

Le ministère des affaires culturelles de l’époque (surtout pendant la période de M. Chédli Klibi) a octroyé au festival une aide financière et logistique exceptionnelle pour que le festival rayonne sur le tout le Nord-Ouest de la Tunisie. Toutefois, avec la multiplication des festivals et la dépréciation du rôle de la culture dans la politique de développement qu’a connue la Tunisie au cours des dernières décennies, les dotations et le soutien publics se sont rétrécis comme une peau de chagrin et le festival a presque perdu son âme et son rayonnement.

L’actuelle équipe de jeunes se démène pour lui redonner son éclat et son rayonnement d’antan et d’en faire une des plus importantes manifestations culturelles de la région et de la république et un des leviers d’une redynamisation du tourisme culturel et de la découverte du site archéologique de Dougga et de la ville de Téboursouk.

Plusieurs troupes, stars et artistes internationaux et nationaux de renom ont foulé la scène mythique du théâtre antique de Dougga dans le cadre de ce festival international. Il suffit d’en citer, en plus de celles citées supra, la Troupe Nationale Egyptienne avec Abdallah Ghaith, Amina Rizk et Samiha Ayoub, la troupe Attaliaa du Maroc avec Taieb Seddikki, Les troupes du Kef, de Gafsa, Le grand Douraid Lahham, Geneviève Page. Les troupes musicales de Ness el Ghiwen, de la musique Arabe de Abdelhalim Nouira, les vedettes Souad Mohamed, Marcel Khalifa…… étaient tous passés par là dans des soirées fort mémorables.

Elaboré par : Dr. Fethi Khamessi, Mondher Belghith. (Comité directeur du festival)